L'histoire de Lusi

Il y a quelques temps, nous sommes parties sur des terres arides, été comme hiver, baignées d'une lumière particulière. La lumière grise des oliviers qui peuplent la plaine. Celle aussi d'un horizon, loin, loin de la mer, en pleine terre. Une région sauvage qui offre à qui le souhaite sa beauté brute et ses couleurs puissantes.

C'est l'histoire de Lusi.

 
 
 
 

 

Sur place, nous avons passé du temps dans un incroyable atelier.

On s'y sentait comme dans une église ; l'air plus frais, la lumière qui ne passe qu'à travers de hautes ouvertures. Le silence. Sous nos pieds, un sol de terre et de béton. Les métiers à tisser centenaires et majestueux y occupent un espace vaste et modeste. On se sent tout à coup petites, comme face à un animal mystique fait de bois et de cordes. Passé le silence de la découverte, le bruit nous saisit, le tempo régulier du métier, l'assourdissante navette qui va et vient, vite, se heurte, rebondit.

 Et le bruissement léger du coton qui défile.

 
 
 

 

On observe ces femmes, leur maîtrise singulière, chacune dans son rythme, jouant sa propre mélodie. On écoute l'histoire des 40 femmes qui tissaient dans les années soixante, moins de dix aujourd'hui. En échange, on raconte notre histoire, celle de mater pingo.

Dans la pièce attenante, une montagne de motifs anciens, de laines, de cotons, de bouts de ficelles, des couleurs partout. Alors on parle de nouvelles nuances pour Lusi, on parle de la vie, on se laisse guider par la gentillesse de la maîtresse des lieux.

On y reste quelques jours, à visiter les alentours, à profiter du calme.

Et au retour, on réalise pourquoi. Pourquoi mater pingo. Promis, on y retournera.

 

Joanna & Alma